Kessel

En été, récoltons les fruits de l'année

Intention pour cette saison qui promet du repos mais nous tend quelques pièges

Tanguy de Nimbus Factoy
3 min ⋅ 25/06/2026

Les valises qui me rentrent dans la hanche. Un pied posé sur le sac de courses. Derrière, la voiture est un micro-ondes. La clim’ m’arrive par rafales et me gèle la sueur sur le dos. Devant, j'entends les voix de Clau et Dina sans en distinguer les mots. J'ai la bouche sèche, une barre métallique qui me traverse le front, et ce vertige qui précède la nausée.

Ça fait plus de deux semaines qu'on est en road trip avec Claudia : Madrid, Barcelone, Minorque, Fuentespalda, Jávea, Barcelone à nouveau. J'écris maintenant depuis Toulouse, en route vers Paris.

Il y a quelques années, ce programme m'aurait fait rêver. D'ailleurs, quand je le raconte à mes ami·es salarié·es, ils et elles y voient des vacances et de la liberté.

Des vacances, ça n'en a pas été, c’est le moins que l’on puisse dire : juin a été le mois de l'impression de notre fanzine et de la fête solaire, de la mise à jour du site, de l'ouverture du club, et du démarrage d'accompagnements à plus grande échelle.

La liberté ? Oui, parce que personne ne me dit où être ni quand travailler. Non, parce que maintenir mes routines de soins et de boulot devient un parcours du combattant. Chaque maison d'ami, hôtel ou Airbnb a ses règles et ses particularités, et j'essaie de m'y adapter.

Notre bureau à Javea...Notre bureau à Javea...

Je me plaignais à Clau de me fatiguer davantage en voyageant dans des endroits "estivaux", et on est tombés sur un paradoxe. Elle s'est souvenue que, dans sa vie professionnelle d'avant, l'été était le seul moment où elle pouvait vraiment se reposer.

Mais, est-ce qu’on se repose vraiment en été ?

Stations-service et régulation

Clau et moi avons un rapport au temps très différent. Moi, je suis souvent à fond, elle prend les choses avec plus de calme. Entre nous deux, il y a donc des temps d'attente inévitables. J'en profite généralement pour respirer ou méditer.

Dans une station-service, à 40 degrés, après avoir mangé un sandwich plein de gras et de sel, juste à l'heure de ma sieste, cette même attente a réveillé mes parties les plus colériques. Je m'énerve. J'en dis trop. Je deviens cassant. Et ensuite je le regrette...

Ce n'est pas à cause d'elle, bien sûr. C'est parce que je n'ai pas assez bu, pas assez dormi, que je suis assis depuis des heures, et que j'ai mangé des choses qui ne me vont pas. Et cette situation s’est présentée plusieurs fois au gré des voyages.

Je ne suis pas scientifique, mais je déduis de ces observations que mon état intérieur affecte ma façon de réagir face à des situations a priori identiques. Bien nourri, tout coule, je médite. Après un vieux sandwich Daunat, je pète un câble.

🛠️ Ça m'a appris à faire très attention avant de juger, de me plaindre ou de discuter. Avant, je me demande :

  • Est-ce que j'ai bu de l'eau ?

  • Est-ce que j'ai dormi ?

  • Est-ce que je me suis bougé aujourd'hui ?

  • Qu'est-ce que j'ai mangé ?

  • Comment je respire ?

Je vois maintenant que beaucoup de mes irritations naissent d'un besoin de base non écouté. Ça paraît très logique, et pourtant personne ne semble prêter attention à ces détails dans la société.

Le parallèle qu'on ne peut pas ignorer

Si ça se passe en voyage, ça se passe aussi à l'échelle sociale : quand les conditions matérielles se dégradent, notre capacité à nous réguler diminue aussi.

Les prix augmentent au supermarché + la qualité baisse → on mange de plus en plus mal. Moins bien manger → moins d'énergie. Moins d'énergie → moins de régulation, plus d'irritation, plus de conflits.

On travaille plus → on reste au bureau à l'heure de la sieste + on dort moins bien à cause du stress. Moins de sommeil → moins de patience, moins de concentration et donc moins bonnes décisions... et l'histoire se répète.

Ça s'applique à la politique, à la pauvreté, à l'école... À tous les êtres humains !

Dormir, manger, boire, respirer, bouger. On n'en demande pas tant.

Et si on pouvait répondre à ces 5 besoins de base (je ne parle même pas d'éducation), à quoi ressemblerait le monde ?*

Posons une intention pour l'été

Pourquoi je t’embête avec les besoins de base maintenant, juste au moment où tu peux enfin te détendre et célébrer l'été ?

L'été, c'est la saison de la récolte : repos, célébration, liberté. Mais c'est aussi quand il est le plus difficile de maintenir les habitudes et les espaces qui prennent soin de nous.

Dimanche dernier, c'était le solstice d'été. Pendant la fête solaire de Nimbus, j'ai animé un atelier de permaculture émotionnelle. L'exercice : cartographier les lieux, les personnes et les activités qui vont rythmer l'été, pour en profiter sans se perdre en cours de route.

Je ne l’ai pas encore traduit mais cela ressemble à ça :

Tout dépend de l'état depuis lequel on crée et on habite nos vies.

L’idée est de lister les lieux, personnes et activités qui vont rythmer notre été. Puis de les situer sur une carte avec nous au centre et différentes zones de contact plus ou moins proches. Enfin, j’invite à colorier selon l’émotion (ou les émotions) que cela fait remonter en nous pour ensuite regarder la carte et nous demander : qu’est-ce que cette carte m’invite à faire ?

Je ne suis personne pour te dire quoi faire. Je t’invite simplement à t’observer, à t’écouter votre corps, et à préserver ton espace même quand tout semble chill.

Cet été, je compte ralentir beaucoup et m'arrêter un peu. Après tant de mouvements, j'ai clairement compris que mes besoins de base sont sacrés : je ne veux ni créer ni travailler depuis la dérégulation.

Je te l'écris aussi pour m'engager envers moi-même : cet été, je sacralise mon espace de soin et les bonnes habitudes que je maintiens tout au long de l'année.

On ne peut pas contrôler tous les paramètres, mais on peut s'appuyer sur des micro-habitudes : s'étirer, respirer, boire de l'eau, bien manger, faire la sieste... De petits gestes pour un été de repos et de célébration.

Comment peux-tu t’offrir un espace qui prend soin de toi cet été ?

On se lit vite,

Tanguy


*...Mon expérience me dit que tout serait beaucoup plus doux...

🌱 Nouvelles du club Nimbus

☀️ On a lancé nos ateliers de Mouvement, Créativité et Permaculture émotionnelle lors de la fête solaire du 21/06, au Green City Lab avec Akasha et le Slow Lab.

📝 On a lancé notre fanzine, un petit carnet de connaissance de soi, parfaitement imparfait. Réponds à ce mail ou laisse un commentaire si tu en veux un !

🤝 Et si tu es dans une période de doute ou de transition professionnelle, ça peut peut-être t’intéresser👉 Cliquez ici 👈

Tanguy de Nimbus Factoy

Par Tanguy de Nimbus Factory